La stérilisation précoce à 3 mois minimum

La stérilisation précoce à 3 mois : Vérités scientifiques d’un élevage passionné contre les idées reçues

La question de la stérilisation précoce à l’âge de 3 mois est un sujet tabou, souvent source de discorde. Sur le terrain, vous entendrez tous les échos individuels selon le statut et les intérêts de chacun. Pourtant, pour un éleveur pro qui travaille avec des gènes de champions étrangers ou certifiés LOOF, la stérilisation avant le départ est automatique. Sans cela, le prix du chaton de compagnie serait le même que l’achat d’un reproducteur (entre 2500 € et 3000 € pour du très beau).

Voici ce qu’il en est réellement, basé sur la science, la morphologie du Maine Coon et la réalité du terrain.

Le faux problème de la taille et de l’anesthésie

Beaucoup de vétérinaires, notamment les plus jeunes, ne savent pas trop comment gérer les chatons de 3 mois. Certains adoptants ont même dû appeler ma propre vétérinaire pour s’instruire. Pour les chats ordinaires (de gouttière), il n’est pas évident de stériliser si tôt car ils sont trop petits pour être intubés, rendant impossible l’usage d’un respirateur artificiel, ce qui crée de gros risques au réveil. C’est pourquoi certains vétérinaires y sont opposés.

Mais pour un Maine Coon, il n’y a aucun problème. Un chaton Maine Coon de 3 mois pèse déjà le poids et fait la taille d’un chat de gouttière bien plus vieux ! Atteindre le cap d’un kilogramme — seuil recommandé pour opérer — est une formalité.

De plus, la métabolisation de l’anesthésie sur un chaton de 3 mois se fait sur la journée : en 3 heures à peine, ils retrouvent quasi leurs pleines capacités mobiles. Pourquoi ? Parce que les produits anesthésiques se fixent dans la graisse. Or, à 3 mois, les chatons n’en ont pas, contrairement aux chats de 6 mois et plus. Les doses sont également moins importantes, ce qui est logique, et le « patrimoine anesthésie » du chat est totalement préservé.

Élevage professionnel VS “Low-Cost” et business des allocations

Le refus de la stérilisation précoce cache souvent une histoire de pognon, sans aucune empathie ni respect.

  • Les éleveurs low-cost avec des gènes “nazes” n’ont rien à faire de la race. Ils vendent leurs chatons entiers pour augmenter leur rentabilité et gonfler leurs allocations familiales jusqu’aux premières déclarations. Pour se justifier auprès de Monsieur et Madame Lambda, ils argumentent à tort que la stérilisation précoce n’est pas bonne pour la santé.
  • Certains cabinets vétérinaires préfèrent aussi que la stérilisation soit faite plus tard chez l’adoptant : ce dernier ne bénéficie pas de la remise accordée à un éleveur professionnel, ce qui représente au minimum 50 € de gagné pour le cabinet.

Éleveur ne s’improvise pas. Ce n’est pas un devenir que l’on acquiert en une simple formation sanitaire et administrative (le CCAD que passent tous les gens désireux de vendre des chats, couplé à un enregistrement administratif). C’est un travail de sélection et de protection.

Croissance, hormones et dérives des études américaines

Certaines études américaines de 2023 affirment que le « capital anesthésie » influence la santé ou que l’absence d’hormones déstabilise le squelette. C’est un argument qui arrange bien les usines à chats qui vendent non stérilisés. Mais rappelons que les USA sont le pays le plus enclin à la malbouffe et aux hormones de croissance dans les bestioles, et leur pet food n’y échappe pas !

En France, le sujet est revenu en question suite à de nombreux glissements épiphysaires (problèmes d’articulations/ossature). Mais étudions les vraies causes :

  • Si les gens évitaient d’installer des arbres à chats de 2 mètres de haut pour des chatons lourds, cela aiderait un peu plus !
  • Si les pools génétiques étaient étudiés sur la musculature et la robustesse plutôt que de chercher uniquement de grandes oreilles et du poids, on éviterait ces cassures.
  • Inutile de demander combien de personnes soutiennent correctement la croissance de leur géant : pas grand monde. Beaucoup donnent des croquettes parce que ça va vite, sans même connaître la formule des besoins de leur chat.

Le chat a des aptitudes et une génétique hormonale rapide qu’il vaut mieux anticiper plutôt que de casser en plein pic d’imprégnation. La croissance des chats stérilisés très jeunes est plus douce, justement moins déstructurante, et ne déstabilise pas leur évolution. Au contraire, cela leur offre une plus longue possibilité de vie. Il suffit d’être un peu plus sensé pour comprendre leurs statistiques.

Articles scientifiques de référence

Pour appuyer ces faits, vous pouvez consulter les articles de référence suivants :